Chapitre 9. Siècle de lumière ou des encyclopédistes. XVIII S. 


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Chapitre 9. Siècle de lumière ou des encyclopédistes. XVIII S.

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Le contraste entre le XVII s. et le XVIII s. est frappant. Mais, cependant le XVIII s. sort du XVII s. et le continue. La liaison est aussi étroite que l'opposition est grande.

Au XVII s. la royauté est maltresse absolue, l'Eglise catholique prospère. La littérature est essentiellement psychologique. Les écrivains analysent les passions, les caractères, les forces, les états de l'âme ou bien ils construisent des formes générales qui contiennent et classent l'infinie diversité des tempéraments individuels. Or, le XVIII s. dans sa littérature, s'intéresse surtout à l'homme, et dans l'homme, à l'âme. La vérité, scientifique ou philosoplüque, est toujours générale. La littérature classique s'est formée, mais cette littérature n'est pas militante. Elle respecte les cadres sociaux, la hiérarchie, les pouvoirs temporels et spirituels. Elle tient pour résolues ou elle écarte les grandes questions métaphysiques, qui sont essentiellement révolutionnaires pour elle.

La langue de cette époque est façonnée à l'image du siècle: elle n'est plus diffuse, riche et colorée comme celle de l'époque écoulée. Le XVII s. a formé une langue claire, simple, régulière, d'une exactitude parfaite, mais sèche et non pittoresque.

Le XVIII s., par contre, connaît l'affaiblissement de l’Eglise et du pouvoir royal. L'esprit de l'époque change, l'activité littéraire également. Le XVIII s. c'est le siècle de la grande montée de la bourgeoisie. Alors l'autorité du roi diminue. La noblesse de la Cour perd son importance. L'opinion publique s'impose de plus en plus. La littérature et la langue, héritières de l'époque précédente commencent à refléter de nouveaux changements de la société. La bourgeoisie instruite s'intéresse vivement à la politique, à l'histoire, à l'économie et évidemment à la littérature. Ces circonstances amènent la littérature du XVIII s. à prendre une nouvelle direction, pour ainsi dire une direction contraire à celle qu'avait suivi la littérature du siècle précédent. Mais il n'y a pas de rupture entre l'activité littéraire des deux siècles. Le XVIII s. garde le principe dont le XVII s. déclare la souveraineté, mais il' en tire toutes les conséquences. Il supprime les limitations que le XVII s. a apporté à l'autorité de la raison.

L'esprit philosophique n'est autre que l'esprit scientifique car la science est traitée de connaissance rationnelle. De là vient la prépondérance de la science de ce siècle. Les savants font concurence aux écrivains même jusque dans la faveur des salons. Presque tous les grands écrivains s'occupent des sciences. La science s'est substituée à la religion, pour expliquer à l'homme ce qu'il est, d'où il vient, où il va, ce qu'il doit être. Les sciences morales se détachent de la théologie et se soudent aux sciences physiques. L'homme est remis dans la nature, soumis à ses lois. Les mathématiques se développent et imposent leurs méthodes à l'étude de l'humanité.

Evidemment dans ces conditions la tradition classique dans la littérature ne pouvait pas subsister. Une brillante génération des hommes de lettre est née: Montesquieu et Voltaire, Marivaux, Diderot, Rousseau, Beaumarchais et beaucoup d'autres. Pourtant le XVIII s. n'est pas uniforme dans son développement. Il se divise naturellement en deux périodes:

 l — 1715-1750,

 2— 1750-1789.

Dans la première s'affirme l'insensibilité esthétique de l'esprit philosophique. C'est la période où domine Montesquieu et Voltaire, où les hommes de lettres sont nombreux. Cette période nous présente une critique encore modérée des institutions établies et des croyances du passé. Dans la seconde se développent les facultés oratoires, précédant les facultés poétiques. Cest l'époque de la grande Révolution française de 1789.

Pendant la période de la Révolution le mouvement des idées du XVIII s' s’est matérialisé dans les textes et formules qui proclamaient les droits universels de l'individu et une volonté d'union de tous les hommes: la « Déclaration des droits de l'homme et du citoyen » et la devise: « Liberté, Egalité, Fraternité ». L'importance de ces idées et de ces textes universalistes a été, dès le début, et pour la suite, considérable.

Il est absolument clair que la théorie linguistique -de l'Académie du siècle écoulé, ayant son caractère de classe, ne pouvait plus subvenir aux besoins de la nouvelle époque. Les écrivains célèbres ont ranimé les mots jadis bannis de la langue. L'activité de l'Académie devait s'orienter vers de nouvelles tâches. L'Académie a avancé la théorie des styles: style élevé (tragédie, ballade, ode), style moyen, ou médiocre (roman), style simple (comédie, fable). Le choix des mots conformait à la répartition en trois styles, p. ex.: face — visage — frimousse.

Au XVIII s. la première encyclopédie française a fait son apparition. La grande encyclopédie a été rédigée collectivement par un groupe d'auteurs sous la direction de Diderot et du mathématicien et philosophe d'Allembert. C'est une véritable école de philosophes matérialistes empiriques. L'encyclopédie a reflété l'intérêt de la société pour la culture, science, politique, économie, industrie. Le XVIII s. est marqué par la puissance de l'esprit humain. C'est le siècle qui connaît plusieurs savants et philosophes, hommes de lettres et philologues. Il est connu comme le Siècle de Lumière.

Toute l'activité des esprits progressistes du XVIII s. y compris des encyclopédistes s'oppose à la théorie des limitations linguistiques. L'Académie de France a modifié considérablement sa doctrine linguistique. Mais ses théories lexicologiques ont conservé pour un certain temps la conception de l'aristocratie. Ces théories ainsi que le purisme ont été rejetés sous la Révolution française de 1789. L'Académie même a été réorganisée, elle a pris le nom de l'Institut National. La Révolution a joué un grand rôle dans le processus du développement de la langue littéraire. Les théories lexicologiques portant le caractère de classe ont été mises à l'oubli.

En 1660 Amauld et Lancelot publient la « Grammaire Générale et Raisonnée de la Langue Françoise ». Elle est basée sur les principes de laraison de Descartes. C'est une grammaire cartésienne, selon laquelle la raison était la base de toutes les connaissances humaines. La venté est' éprise par la raison mais pas par l'expérience et la pratique: cogito ergo sum. D'où vient que le principe de « bon usage » n'est plus suffisant pour l'étude de la langue. Pour la première fois on tâche de faire ressortir dans le fonctionnement de la langue tout ce qui est logique et raisonnable. Cette grammaire est appelée générale parce qu'elle est destinée non seulement au français mais aussi bien aux autres langues. Elle est raisonnée parce qu'elle ne se borne pas à décrire la langue mais elle explique les faits linguistiques. C'est une grammaire normative qui subsiste longtemps.



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