Evolution des temps du perfectum
Evolution des temps du perfectum
Latin classique
Français
Parfait de l’indicatif
amavi
J’aimai ( passé simple)
Création du latin tardif j’ai aimé ( passé composé)
Plus-que-parfait de l’indicatif
amaveram
Remplacé par j’avais aimé
Futur antérieur
amavero
Remplacé par j’aurais aimé
Subjonctif parfait
amaverim
Remplacé par j’aie aimé
Subjonctif plus-que-parfait
amavissem
Remplacé par j’eusse aimé
devenu inutile, amavissem est utilisé pour remplacer le subjonctif imparfait, amarem, et a donné j’aimasse
création analogique j’aurais aimé
tardiv ( conditionnel passé)
§4.1.10.3. Origine des auxiliaires être et avoir
L’auxiliaire avoir n’existait pas en latin, mais il existait un verbe avoir (habere), signifiant « posséder ». Le latin classique pouvait l’utiliser avec un participe, à condition que celui-ci soit un attribut de l’objet du verbe avoir (litteras scriptas habeo : je possède, j’ai des lettres écrites). Mais dans bien des emplois, avec des verbes de jugement en particulier, habere perdait déjà son sens plein de « posséder » puisque le complément n’était pas un nom d’objet concret mais une proposition. Il ne formait qu’une périphrase décrivant le résultat présent d’une action passée : cognitum habeo (j’ai appris). La formule se généralise en latin tardif, l’auxiliaire postposé passe en tête du syntagme, le participe ne s’accorde plus toujours.
L’auxiliaire être existait pour les passés passifs ; il s’est développé par analogie avec les verbes déponents, une curiosité du latin qui avait des verbes à forme passive et à valeur active (« naître », « mourir » et même « parler »). Contrairement aux vrais passifs, ces verbes n’avaient pas de forme active et pas de complément d’agent. Pour ces verbes, qui passent à l’actif dans les langues romanes (nacitur – nascit – naît), la forme du parfait passif n’a pas été refaite (nacitus est – il est né). En Gaule et en Italie, certains verbes intransitifs subissent alors l’influence analogique de ces formes ; à l’imitation de parfait comme nacitus est, apparaissent des formes comme venitus sum – je suis venu.
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