Professeur: la passion d’enseigner
Test
1. L'association présentée se bat pour
A.développer les ventes d’émissions télévisées et de magazines pour les femmes.
B.une meilleure représentation des femmes dans les rédactions et les magazines.
C.améliorer la qualité des émissions télévisées présentées par les femmes.
D.lutter contre le diktat des femmes et rendre la parole aux hommes dans les médias.
2. L’aide de l’association consiste à
A.protéger la vie privée des superhéroїnes de la télé.
B.faciliter la parution d’articles écrits par des femmes.
C. donner des travaux de pigistes aux femmes au foyer.
D.organiser des rencontres avec des gens de toutes professions.
3. D’après Sonia, les médias
A.favorisent l’égalité entre les sexes.
B.permettent aux femmes d’avoir la parole.
C.donnent une image erronée de la femme.
D.aident à oublier les problèmes sociaux.
4. Quel projet Sonia a-t-elle pour l’association?
A. Lutter contre la puissance des médias.
B. Élargir son champ d’action.
C.Recruter de nouveaux adhérents.
D.Créer un Prix pour se faire connaître.
Sujet 4. L’ENSEIGNANT
On le reconnaît encore à sa voix. Il a une voix pour le fond de classe comme l’acteur a une voix pour le deuxième balcon. On le distingue aussi dans la foule grâce à sa fameuse "démarche pédagogique". Elle consiste à déambuler dans l’existence en observant le vol des oiseaux migrateurs et la technique du potier. À part quoi, l’enseignant se complique tous les ans davantage.
On parle de "forteresse enseignante". Cela vient des rapports anciens de l’école et du monde. Longtemps, pour celle-ci, le monde fut extérieur. L’enseignant allait y cueillir des choses pour les leçons de choses; après quoi il remontait le pont-levis. L’école était un sanctuaire et le maître était un médiateur. Le monde passait par lui. Il n’y avait pas encore les "dangers" de la télévision. C’est une autre affaire, cette garce, que les curés. Elle s’infiltre partout. L’humidité aussi. Car, si la "citadelle" se fissure, ce sont aussi les murs qui s’écaillent. La confiance et le plafond qui se lézardent. Le monde extérieur entre dans l’école comme dans un moulin. Il a profité d’un mouvement de foule. On trouve des ordinateurs, des poux, des préservatifs, des foulards islamiques, des gommes à goût framboise, des tensions ethniques. Il y a même des militaires dans les lycées chauds, des gendarmes pour "l’initiation à la sécurité routière". Le monde entier est là; on se demande ce qui reste au-dehors, angoisse le professeur, déjà assiégé par le flot des vacataires et des suppléants.
Voici qu’arrivent à leur tour le Monde de l’Entreprise et le Parent d’Élève. L’enseignant est glacé d’effroi. Le patronat (qui licencie à outrance) accuse l’enseignant de "fabriquer des chômeurs". Le parent (qui croit que ce mot ne prend qu’un "l"), de "propager l’illettrisme". L’enseignant transmettait un savoir. On lui demande de "préparer au marché du travail". Autrefois les parents l’attendaient chapeau bas à la fin des cours. Aujourd’hui, il doit "répondre à l’attente des parents". Il formait des citoyens. Il n’a plus affaire qu’à des "usagers". Déjà, le parent-consommateur le regarde d’un sale oeil. Il ne doit son salut qu’à son bulletin de paie. Celui-ci est misérable. On a pitié de lui.
Il pense à hier. Il y avait les cracks (les as). Ils entraient à la Normale (l’enseignant fabriquait des enseignants – c’était plus fort que lui). Il y avait les cancres. Ils entraient en apprentissage ou dans la boîte à papa. De nos jours, les cracks sont des surdoués et les cancres des malades. Ce ne sont plus des enfants; ce sont des phénomènes.
Chez l’enseignant, ce qui demeure, c’est qu’il a des vacances. Et on le voit voyager dans la steppe hongroise, dans les torrents d’Auvergne. La France lui doit la moitié des diapositives que compte le pays.
L’enseignant, parfois, s’en va en "classe de nature", loin du Parent. Dans un recoin du monde extérieur choisi pour ses vertus pédagogiques. Il y a des vaches, des vignerons. Les enfants ont de gros chagrins et de petites angines. Ils cueillent des plantes. L’enseignant est à nouveau le maître.
François-Jean Authier est professeur au lycée. Il enseigne le français à des classes de seconde, première et terminale. Depuis dix ans, François-Jean réalise son rêve: faire partager aux jeunes sa passion de la littérature.
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