b)Lecture 2 : « mais nul n’en connaît l’interprétation, sinon Dieu. Et les hommes d’une science profonde disent… » 


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b)Lecture 2 : « mais nul n’en connaît l’interprétation, sinon Dieu. Et les hommes d’une science profonde disent… »

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(20) Les philosophes, cependant, ne doivent rien divulguer (voir § 45-66): § 45 : « Les interprétations ne doivent pas être couchées par écrit, hormis dans les ouvrages de démonstration, car si elles se trouvent dans ces livres-là, seuls les gens de démonstration y auront accès. Mais les consigner dans d’autres livres, et employer pour les exposer des méthodes poétiques et rhétoriques, ou dialectiques, comme le fait al-Ghazâlî, c’est pécher et contre la Révélation et contre la philosophie, même si cet homme a cru bien faire. Car son intention, ce faisant, était que s’accroisse le nombre des hommes de science, mais en réalité, le nombre des dépravés en a été accru non moins que celui des hommes de science. Dès lors, certaines personnes en seront venues à dénigrer la philosophie ; d’autres à dénigrer la Loi révélée ; d’autres aussi à opérer la conciliation de l’une et l’autre. <…>

§ 46 : « ce que doivent faire les chefs politiques des Musulmans, c’est interdire ceux de ses livres qui contiennent la science à qui n’est pas homme à pratiquer cette science, tout comme il leur incombe d’interdire les livres de démonstration à tous ceux qui ne sont pas hommes à la pratiquer, quoique les dommages survenant aux gens du fait de ces derniers soient bien moins graves, puisque la plupart du temps, seuls les hommes aux dispositions naturelles supérieures en ont connaissance, et que cette sorte d’hommes ne tombent <éventuellement> dans l’erreur que par défaut de vertu pratique, ou faute d’avoir procédé à leur lecture dans le bon ordre, ou parce qu’ils les appréhendent sans l’aide d’un maître.

§ 47 : « Mais interdire totalement <les livres de démonstration> revient à barrer l’accès à quelque chose que la Révélation appelle à pratiquer ; parce que c’est faire du tort à la classe la plus parfaite des humains, et à la classe la plus parfaite d’être. Car c’est un bien que celle-ci soit connue telle qu’elle est par ceux qui sont disposés à la connaître telle qu’elle est : les hommes de la classe la plus parfaite. »

§ 56 : « Exposer quelqu’une de ces interprétations à quelqu’un qui n’est pas homme à les appréhender – en particulier les interprétations démonstratives, en raison de la distance qui sépare celles-ci des connaissances communes – conduit tant celui à qui elle est exposée que celui qui les expose à l’infidélité. La raison en est que l’interprétation suppose deux choses : l’invalidation du sens obvie et l’avèrement du sens dégagé par l’interprétation. Si le sens obvie est invalidé aux yeux de qui est homme à assentir à l’obvie sans que ne s’avère pour autant, pour lui, le sens dégagé par l’interprétation, cela le conduira à l’infidélité s’il s’agit d’un des principes <dogmatiques> fondamentaux de la Loi révélée. Les interprétations ne doivent donc pas être révélées à la foule, ni couchées par écrit dans des livres rhétoriques ou dialectiques ».

21) Un exemple : la nature de Dieu ; Averroès, Dévoilement des méthodes de démonstration des dogmes de la religion musulmane, in Averroès, L’islam et la raison, p. 128 sq. :

« Et si quelqu’un demande : puisque la Révélation n’a expliqué aux gens de la foule ni que Dieu est un corps, ni qu’Il n’est pas un corps, que peut-on bien leur répondre s’ils demandent : ‘Qu’est-ce que Dieu ?’ Car, enfin, il est bien naturel qu’un humain se pose la question, il ne peut guère s’en débarrasser. Et puis les gens de la foule ne sont pas convaincus non plus si on leur dit à propos de cet Être, dont ils ont préalablement reconnu l’existence, qu’Il n’a pas de quiddité, puisque ce qui n’a pas de quiddité n’a pas d’essence ! Nous disons que ce qu’il leur faut répondre, c’est ce que répond la Révélation. Il faut donc leur dire que Dieu est lumière, car c’est la qualification que Dieu Lui-même s’est attribuée dans Son Livre Précieux, <usant d’une image> de celles qui désignent une chose par une autre <analogue à> l’essence <de la première>. C’est l’énoncé divin : ‘Dieu est la lumière des cieux et de la terre’. <…> Il te faut savoir que cet exemple convient extrêmement bien à représenter le Créateur – loué soit-Il – car <la lumière> réunit les caractéristiques suivantes : être sensible ; n’être point saisissable par la vue non plus que par l’entendement ; et cependant n’être pas un corps. Or l’être qui existe, pour la foule, ce n’est que le sensible ; et le non-existant, ce qui n’est pas sensible. Et puisque la lumière est le plus éminent des êtres dans l’ordre sensible, il fallait qu’on s’en servît pour représenter le plus éminent de <tous> les êtres. Autre raison pour quoi il fallait qu’Il fût appelé Lumière : la manière dont Il se présente à l’intellect des savants ‘à la science profonde’ lorsque ceux-ci Le contemplent au moyen de leur intellect est semblable à ce qui survient à notre vue lorsque nous contemplons le soleil, ou – faudrait-il dire – à la vue des chauve-souris ! Ce qualificatif paraît donc pertinent aux deux classes d’hommes, et vrai. Et en outre, Dieu – béni et exalté soit-Il – est la cause des êtres et la cause que nous les percevons, et il en va semblablement de la lumière. Je veux dire : la lumière est la cause de l’être des couleurs en acte, et la cause que nous les voyons. C’est donc avec raison que Dieu – béni et exalté soit-Il – s’est nommé ‘Lumière’. Et puis, si l’on dit qu’Il est Lumière, les doutes à propos de la vision <de Dieu> dans la vie future ne se poseront pas. »

 

 



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